(♫ Highway to hell ♪ du groupe AC/DC et de son guitariste Angus Young)
Entre l'abri ballon et la station météo, se trouve un capteur de vent, de marque Young. Et sous ce mât se trouve son gardien, un manchot Adélie, que nous, météos, avons adopté et baptisé sans inventivité « Young ». Ce couple de manchot (car les ornithos de « Biomar » nous ont appris que mâles et femelles se relaient pour nourrir les petits...), a un balcon d'observation du passage des ballons de radiosondage : quelle chance ! Et je profite de ce spot pour les photographier régulièrement et voir leur évolution au cours du temps. Ainsi, à notre arrivée début décembre, le nid, fait de cailloux âprement disputés, accueillait déjà un œuf. Les Adélies en pondent un ou deux. Puis, on guette les premières éclosions autour de Noël. Le poussin, que nous avons baptisé « Angus » grandit très vite, et ses parents n'arrêtent pas de se relayer pour le nourrir. Ils sont alors une proie facile pour les skuas, une sorte de rapace, emblématique de l'Antarctique, également. Quand ils sont assez gros, les poussins Adélie se mettent ensemble pour pouvoir former une « crèche » (vers la mi-janvier). Il y a alors moins besoin d'adultes pour surveiller la marmaille encore soumise aux rapts de skuas. Enfin, en février, le poussin, presqu'aussi gros qu'un adulte, perd son duvet et va bientôt s'essayer à l'art natatoire.
Plusieurs programmes de recherches s'intéressent aux Adélies. L'un s'occupe des populations d'Adélies dans l’archipel, tandis qu'un autre s'occupe plutôt d'une seule colonie, Antavia du Val Joli, mal placée d'un point de vue climatique (du point de vue de l'humain s'entend...). En effet, c'est un endroit très souvent venté et froid, mais facile à clôturer pour suivre les allées et venues des manchots. Seules deux portes d'accès ont été percées et les sorties de la manchotière sont surveillées par des caméras et des détecteurs de passage...