(♫ 99 Luftballon ♪ de Nena. Nos ballons ne vont pas causer de guerre comme dans la chanson...)
Si c'est Teisserenc de Bort qui fut le premier à utiliser des ballons pour sonder l'atmosphère dans sa dimension verticale en 1898, il faut attendre un peu plus de trente ans pour que Pierre Idrac et Robert Bureau mettent au point une sonde qui puisse transmettre ses données par ondes radio. On n'était donc plus obligé de retrouver l'endroit de la chute du ballon pour récupérer les données. Si des radiosondages (RS) ont été réalisés à Port-Martin en 1950 et 1951, aucun radiosondage n'a pu être fait, faute de personnel lors de l'hivernage de 1952 à Pointe-Géologie. Mais des ballons pilotes, qui mesuraient le vent en altitude, ont été lancés. Il fallut la fin des années 1950 pour que les RS reprennent en Terre Adélie.
Si les paramètres Pression, Température et hUmidité sont transmis par la radio, le vent, lui est déduit du déplacement du ballon. Pour cela, on utilisait un radiothéodolite, qui envoyait un signal vers un réflecteur placé entre le ballon et la sonde, et qui après réflexion et calcul de radiogoniométrie, permettait de déduire la position du ballon. Un opérateur, le radiosondeur, devait donc orienter le radiothéodolite constamment vers la sonde, en pédalant pour le faire tourner. C'était un emploi à plein temps, rendant obligatoire la présence d'un quatrième météo.
À partir du début des années 1990, on a commencé à utiliser un système de radiopostionnement appelé Oméga. La radiosonde capte le signal d'antennes émettrices qui envoient des ondes dont on connait l'heure d'émission. La sonde compare l'heure d'émission de l'onde et celle de son heure propre et en déduit sa distance avec l'antenne. Trois émetteurs sont nécessaires pour déterminer sans ambiguïté sa position (c'est la triangulation). Le système Oméga était malgré tout sensible aux aurores polaires. À noter que les huit antennes d'émission des trains d'ondes Oméga étaient gigantesques : celle de la Réunion culminant à 427m, était la plus haute construction humaine de France, avant sa démolition en 1999. Depuis 1998, le GPS remplace le système Oméga dans les radiosondes.