(♫ Littlemore Tractus ♪ d'Arvo Pärt)
Et voilà l'Astrolabe à quai, que nous allons rejoindre à pied, tant que le confetti de banquise tient encore un peu. L'année dernière mes collègues étaient partis en hélicoptère, je suis bien content de ne pas partir ainsi, cette impression « d'arrachement » m'aurait gêné. Partir en saluant une dernière fois les manchots, même s'il ne reste plus beaucoup d'Empereurs, c'est quand même bien.
Je pars plein de souvenirs, de ce voyage de ma vie (n'ayons pas peur des mots). Il y en a tant. Celui qui m'aura le plus marqué reste les aurores polaires du 26 juin 2022, tellement lumineuses que les photos prises ne lui rendaient pas justice. Elles dansaient devant nos yeux, c'était fabuleux, fantastique. Me revient aussi les manchots empereurs que j'ai eu la chance de suivre de près (plus que je ne le pensais) et qui m’épatent tant leur vie est difficile. Ce sont des animaux remarquables. Et puis enfin mes cohivernants. L'hivernage rend les liens avec eux extraordinaires (au sens premier du terme) : quelque chose entre collègues et famille, où les « frontières sociales » sont oubliées (plus encore que pendant mon service militaire en 1998...), où l'attention par la connaissance de l'autre prend tout son sens. Venu pour le voyage, on repart plus riche encore du voyage intérieur.